Spezielle Leistungen

Bert Schmelzer Weltmeister in Standardklasse

Bert Schmelzer Weltmeister

Aktiv-Mitglied des SFVS und der SG Knonaueramt wird Weltmeister in der Standardklasse

Gestern Sonntag, 6. Juli 2014, gingen in Räyskälä (Finnland) die Segelflug-Weltmeisterschaften der Club-, Standard- und Doppelsitzerklasse mit der Siegerehrung zu Ende. Leider waren keine Schweizer Piloten mit dabei. Sehr erfreulich ist aber, dass der Belgier Bert Schmelzer Weltmeister in der Standardklasse wurde. Bert Schmelzer lebt seit mehreren Jahren in der Schweiz und ist seit 2011 aktives Mitglied der Segelfluggruppe Knonaueramt. Der 31-jährige ist Architekt ETH und wohnt in Zürich. Bert ist vielen Schweizer Segelfliegern bekannt, hielt er doch an der letztjährigen Segelflugkonferenz in Olten einen sehr interessanten Vortrag über „Segelfliegen in Marokko“.

Bert Schmelzer war nach dem 2. Wertungstag im Gesamttotal bereits auf dem 1. Rang, unmittelbar vor Sebastian Kawa (amtierender Weltmeister der 15m-Klasse aus Polen). Am 3. Wertungstag fiel Bert auf den 11. Gesamtrang zurück. Auf eindrückliche Weise kämpfte er sich hoch und war am 5. Wertungstag bereits wieder auf Rang 2, direkt hinter Kawa. Am 6. und zweitletzten Tag konnte er Kawa mit 8 Punkten Vorsprung überholen. Der letzte (7. Wertungstag) brachte ihm sogar noch einen Vorsprung von 23 Punkten auf Kawa ein, so dass Bert auf Discus 2a schlussendlich mit 31 Punkten Vorsprung auf Kawa Weltmeister wurde. Sein Bruder Tijl flog ebenfalls in der Standardklasse auf den bemerkenswerten 8. Gesamtrang.

Bert gewann dieses Jahr ebenfalls den Hahnweide Wettbewerb auf einem Clubflugzeug der SG Knonaueramt, einer ASG 29, diesmal in der 18m Klasse vor Ex-Weltmeister Werner Meuser und Ex-Europameister Reinhard Schramme.

Bert, ganz herzliche Gratulation.

Kehrsatz, 7. 7. 2014
Edi Inäbnit, Leiter Büro Sport des SFVS

Schweizer fliegt Weltrekord

Argentinean Soaring – Jean-Marc Perrin shares his Record Story

dimanche, 06. janvier 2013

Have a look at Jean-Marc’s amazing flight here. The Swiss glider pilot Jean-Marc Perrin spent another Southern summer in Argentina and took advantage of some great weather in the Andes.

He is currently the South American OLC-Plus Champion and worldwide placed No.4 behind the European pilots who chase their gliders through African skies. Jean-Marc’s Argentinean wave speeds have not been topped yet.

screenshot

His passion is to fly straight forward, and on December 20th of 2012 Jean-Marc finally achieved a new world record in his DG 808/15m. Monsieur Perrin now shares his story: “For about a decade I’ve tried to achieve a record in soaring a straight line, but it never happened until this day. The dimensions of areas of high and low pressures in Argentina and its topography usually only allow for a straight line of 500 to 800 kilometers. Looking at the statistics there is just one or maybe two days in a year where you could try for a longer distance.

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200 feet above Domuyo Volcano with foehn gap looking southwards to Cordillere del Vento

The summer 2011/12 in Patagonia had been frustrating and this season did not look much better. Starting December 10th, it looked like I could plan for a more conservative attempt.” Jean-Marc studied the developing fronts, the winds and humidity in Southern Argentina which is surrounded by oceans… and finally launched late in the morning of the 20th: “At 11:10am, I crossed my start line 100km south of Los Antiguos.” Heading north near Balmaceda, Cohiaque it already became complicated with two commercial flights and humidity as there are no big mountains in this area to keep out the Pacific moisture. “Small waves and humidity but a hopeful southerly wind? Lago Winter and Corvocado were bad.” But then the DG is pushed up to 6000m (20,000ft) and the flight becomes faster, passing Bariloche.

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Jean-Marc enjoys the evening in Malargüe

„Below me, Pierre Alain Desmeules in a Nimbus 4DM could not find his way up through the foehn gap.“ Between walls of rain to both sides, Jean-Marc speeds northwards in the gap – thinking of Christmas. In well known terrain further north, he then finds a blue wave. Making a little detour to the west he learns that the forecast for No Wind was correct. Turning back into the middle of the valley near Copuhe some clouds which look like “Christmas Ornaments” provide heavy turbulence. “Finally a miracle guides me to the Cordilliere del Vento where a huge cloud is waiting for me, more than 20 knots on the vario. I now believe the declared record is possible and start taking pictures of the Domuyo.” In violent rotors Jean-Marc climbs back to 20.000ft and finishes the last 190 kilometers to his goal north of Malargüe.

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Aerial view of the non active Copahue Volcano

He comments his 1400+km flight dedicating the accomplished record to his supporting friends and to DG Flugzeugbau who built this “wonderful glider”.

18 mai 2013 • km 630 von Yverdon, und doch zurück !

18 mai 2013: au km 630!

Réveil avec le chant des oiseaux sous le soleil d’un ciel sans nuages, bleu pur de ces journées de printemps.

La veille, les prévisions numériques RASP, TopTask, MeteoSuisse, etc ont été étudiées pour en déduire que le Föhn devrait se lever aux environs de 9h sur les Alpes Suisses pour durer toute la journée avant l’arrivée de la perturbation vers 20heures, combinés à du vent fort plein sud en altitude.

Le thermiques sur les vallées autrichiennes de l’Inn et plus à l’Est jusqu’en Slovaquie excellent avec des plafonds de saison. Et c’est samedi, avec les libertés d’espace aérien que cela ouvre. Ce doit être proche de la recette parfaite pour le quinté !

7H15, l’aérodrome d’Yverdon est désert, baignant partiellement dans un fin brouillard, hum faut y croire que sur les Alpes cela souffle à faire décoller du Granit!

8h30, mon ASH31 RD est prêt, avec de quoi subsister 2 jours sans se priver, des cartes de la moitié de l’Europe, la housse de fuselage, le matériel d’amarrage, l’oxygène, les semelles chauffantes, et 90 litres d’eau. Pourquoi 90? Tout simplement 30 de plus que mon maximum jusqu’alors. Eh oui, à ce moment de la journée je suis encore en mode découverte et préparation pour les Européens de juin avec cet engin qui ne vole que depuis 3 petits mois et à peine 70 heures, quasiment toutes à sec.

Bert Willing arrive, on discute 2 mots, monte les ailes du Ventus, et je décolle.

Passage au-dessus d’une couche de 4/8 de „cumulus“ à 200m sol sur toute la moitié nord du plateau, témoin des pluies de ces derniers jours. C’est parfaitement calme jusqu’en Gruyère, mais le vent de sud en altitude est là, avec un excellent gradient. Au-dessus des Gastlosen, le vario commence à montrer des signes de flux ondulatoires, au loin la couche qui déborde du Valais, et surtout du bruit sur la fréquence alpes, des copains sont en montée sans réussir à comprendre où.

Travers St-Stephan, premier nuages de rotors, et l’hélice peut enfin être mise au chaud dans le fuselage à 2600m. Il est 9h30, essayons donc. Bien sûr que tout ceci pourrait être fait en remorquage, mais le motoplaneur change évidement complétement la philosophie. En toute honnêteté, ce genre de départ, je ne l’avais jamais fait sans moteur, et ne l’aurai probablement pas fait non plus sans.

Ce premier rotor est mobile et difficilement exploitable, mais au pied de la Plaine Morte, un autre minuscule nuage est bien là, à la même place que le 24 décembre, quand je découvris ce „point d’entrée“en Taurus avec ma sœur Sunila. Pointes à 4m/s au début, c’est tout petit et pas  turbulent, puis cela s’essouffle. En prenant le temps, le maximum au FL 150 est atteint. 10 heures, autant devant moi, en avant toutes!

Jungfrau, du 0 positif, Eiger, ça turbule et ça chute. L’onde et moi, toujours pareil! Meiringen n’est pas actif, et un ressaut est annoncé au col du Susten. 2km avant ça pousse très fort, j’enroule. Un Stemme arrive dessous, le célébrissime D-KKOP de Klaus Ohlmann. 2 constations s’imposent instantanément: il est plus bas, c’est bon signe, mais surtout si il a décollé de Serres, je suis puissamment en retard sur la fenêtre météo!

Le Susten, j’essaie un zigzag vers Göeschennen pour suivre „mon“ ressaut, encore une fois c’est la chute. A ce rythme, heureusement que le vent est de dos et le planeur fin ! Au sud de Schwanden, une ligne de rotor est bien marquée par les nuages et le LS6 BY, de retour aux affaires. De petits nuages balisent le ressaut en continu jusqu’à Klosters, et dès Imst, de magnifiques cumulus sans signes de fort vent. Les copains de Hausen décident sur la radio de passer par leur classique onde du Montafon, ne la connaissant pas et au vus de mes succès récents, je m’abstiens et mise sur la finesse pour atteindre  directement les pentes et les cumulus du Tschirgant.

C’est encore mou, un coup d’œil à la montre et la vérité me gifle littéralement, il est 11h45. Bien sûr que le thermique est encore un peu mou! Bert et Felix, menant la meute de Knonaueramt me rattrape, alors que prudemment de pente en pente ça se maintient au bas des falaises. Innsbruck, son pierrier entonnoir, 3m/s, plafond 2900m. Eh mais c’est bien meilleur que la prévi tout ça ! Et me vola en terra velivola inconitae comme disait Denis Flament. Une ligne de pseudo-cumulus plein-est marque une ligne de confluence, faisant fi du relief. Banzaï! Ça oscille entre 2000 et 2300m jusqu’à Kitzbühel avec des varios minables et des pompes débiles soufflées, ce n’était surement pas comme ça qu’il fallait faire!

Au mieux de nul part sur une crête insignifiante au sud du Griessenpass, 3m/s me heurtent et me propulse à 3000m tout en transformant les barbules en magnifique rue de cumulus vers St-Johan-Im-Pongau, la chance du débutant, le miracle pour l’insouciant ! Et Zell-am-See est déjà juste là. L’aérodrome dont parlait Tonton Josef et mon père à l’époque: „c’est beau mais 2 jours de route c’est trop loin!“ A peine 4 heures de vol… „1000“ aujourd’hui doivent pouvoir se faire, ça serait vraiment un hold-up avec une telle préparation dans une région inconnue, étudiée 1 heure sur carte la veille!

MC2, des cumulus à perte de vue, il faudra désormais des gros varios pour daigner ralentir mon missile. Le Dachstein, magnifique, puis déjà Niederoblärn. Destination rêvée, jugée déjà tellement outrageusement optimiste, que devant c’est maintenant vraiment l’inconnu. Les copains de Hausen ont posé un point encore 100km, ils sont derrières et ils ont l’intention de rentrer ce soir. Je continue donc au même cap, même si ce n’est pas raisonnable. Bah, j’ai ma brosse à dent, et demain ce n’est pas bon en vol-a-voile mais au moteur ça devrait être faisable, et si nécessaire il y a encore lundi.

14h10, ouest de l’énorme mine d’Eisenherz, le relief et les plafonds baissent gentiment devant, Yverdon est au km630, le vent sera désormais contre moi: demi-tour, enfin.


Peu après croisement de la meute de Knonaueramt, Niederoblärn par le même chemin sud vallée, ç’est moins bon, le Föhn sans doute. Quasi verticale, altération de cap vers le Grimming, pour le meilleur thermique de la journée avec plus de 6m/s, retour aux bases, et cap Dachstein. Puis trop à gauche une rue de Cu vers Zell-Am-See, à droite les falaises. Andrea Schlappbach annonce une super pompe au km machin de Hausen, c’est 10 km devant mais n’ai pas compris quel azimut. Grosse déconcentration, et je me retrouve au milieu de pas grand-chose à 2900 à Kitzbühel. Tant pis, les pentes d’Innsbruck sont à portée d’aile via les nuages bizarres devant, et comme toujours aujourd’hui, ça marche et plutôt bien!

Mais dès ici, le ciel est voilé, et au loin, très loin, des lenticulaires gigantesques montrent la voie vers la stratosphère!

Les pentes sont alimentées par un vent SW, ça monte, ça chute, ça turbule un peu, jusqu’à Imst, et là tout devient bien calme, oups, aurais-je raté la marche?

Certains morceaux de pente permettent de se maintenir entre 2600 et 2800m et de passer le col de l’Arlberg, et de rejoindre les rotors au sud de Bludenz, accrochés péniblement à 2300 m avec des varios puissants mais minuscules. Et retour au calme, jusqu’au FL150.

Prise de contact avec Zurich info, code pour le transpondeur qui était resté jusqu’alors sur 7000, ceci en prévision du transit de l’A9, et c’est parti le long du gigantesque saut hydraulique dessiné des milliers de mètres plus haut. Dessous des rotors ici et là aident à comprendre une fraction des phénomènes, et ainsi de rejoindre directement le Susten en dauphinant. Le passage vers les ressauts des Bernoises est plus délicat, avec une couche de plus de 4/8 et une bonne partie des 100km de vent dans le nez.

Grindelwald, des rotors gigantesques, des varios monstrueux. Je maintiens péniblement le pauvre RD entre 100 et 150km avec les ailes plus ou moins à plat, en restant loin du relief prêt à dégager sur Meiringen. Et c’est parti, tous les varios en butées, l’intégrateur s’arrêtera à 9.3m/s tout en gardant délibérément le cap au sud, car le FL180 accordé au grand étonnement du contrôleur en passant Meiringen au 110 en descente approche déjà, et le lenticulaire ne fait que commencer! C’est grandiose, mais il faut vraiment rester humble et conscient que les phénomènes présents ici sont susceptibles de dépasser les compétences de n’importe quel pilote et la plus grande réserve est une question de survie, sans parler de notre matériel, alors que le Föhn de ce jour-là n’avait rien d’extrême.

Voilà il est 18h55, à 5500 mètres, 10 fois en local Yverdon, et devant c’est tout noir. Le front cache le Mont-Blanc, tout est à l’ombre à l’ouest du Sanetsch et il neige aux Portes-du-Soleil!

Je vais le plus à l’ouest possible verticale Bex, bien conscient que refaire une telle branche de plus de 650km n’est pas pour demain. Il est 19h30, il reste donc 1h30 jusqu’au coucher du soleil, à 5200m, retournons voir les Bernoises. A parfois plus de 300 km/h de vitesse sol, il ne faut que 20 minutes pour virer à Meiringen en obtenant un maximum au FL200, mais le nébulosité atteint maintenant 6/8 dessous, interdisant un raccrochage identique à celui une bonne heure plus tôt, et le front semble progresser à l’ouest. Demi-Tour.

La fatigue et le froid aidant, je me trompe dans le calcul du nombre de points de virages et branches maximum pour l’OLC, et me met donc en descente 1 coup „trop tôt“ vers Yverdon, via Bex. En passant sous la couche, c’est l’émeute, ça tape dans tous les sens. Je regrette déjà d’être descendu alors que j’étais autorisé par Genève Delta à descendre n’importe où n’importe comment sur Yverdon avec juste 3 minutes de préavis! La grande classe, encore merci!

Un dernier point vers Morgins, et cap Yverdon. En passant Montreux, les traditionnelles barbules de dilution du föhn dans la couche, puis le calme complet, le plateau suisse est impressionnant de quiétude au pied des montagnes prises dans la tempête.

L’aérodrome est désert, plus un avion, plus un para, les hangars fermés. Les copains sont partis, sachant grâce à la blaise Spot que ma journée était loin d’être terminée. Seul mon père est encore là après de l’instruction avion, stupéfait en découvrant la trace sur Seeyou, alors que je m’empresse de charger mon fichier sur l’OLC, et espérant avoir avec ces 1460 km en 12 heures le plus grand vol du jour au moins quelques minutes.

Un petit tour en descente et atterrissage 23 dur, tout doux, les vannes de ballast étant bloquées, gelées. Ce sont des sacs, heureusement, sinon il m’aurait fallu vidanger avant de passer en onde à Bludenz. Et j’ai tenté de ne pas trop exagérer dans les températures négatives, dans les ailes l’eau bouge et 15 minutes après atterrissage le tout arrosera la plaine de l’Orbe déjà bien inondée.

Démontage terminé remorque allumée, et cap sur la maison, bisous à ma Mélanie puis je m’effondre immédiatement pour prolonger le rêve de cette journée, la plus incroyable de ma carrière vélivole.

Daniel Rossier

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